Le FabLab Alsace-Nord, situé à Haguenau, accueille de nombreux étudiants chaque année. Valentin Auchet est l’un d’entre eux. Étudiant à l’IUT de Haguenau, il a découvert ce lieu de création grâce à des projets intégrés à ses cours. C’est dans ce cadre qu’il a été formé aux différentes machines et qu’il a pu aider d’autres étudiants. Aujourd’hui en stage avec l’association Savoir Vivant, il continue à développer de nombreuses compétences qui lui seront utiles pour la suite de son parcours.
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2026

© Angel Hernandez Le Bourhis
Valentin Auchet est étudiant en 3e année du BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle, avec option Électronique et Systèmes Embarqués, à l'IUT de Haguenau. Il est actuellement en stage auprès de l'association Savoir Vivant, avec comme projet de réaliser une station d'analyse de la qualité de l'eau. Le FAN (FabLab Alsace Nord) est essentiel pour lui, car il lui permet de créer des prototypes de manière rapide et plus économique qu’en passant par un prestataire.
1. Découverte
Comment avez-vous découvert le FAN et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’utiliser ?
Je n'avais jamais entendu parler du mot « FabLab » avant le BUT. La première fois que celui-ci nous a été présenté par l'IUT, c'était pendant les entretiens Parcoursup ou aux portes ouvertes. Finalement, j'ai réellement découvert le FAN en première année d’études. J'ai pu découvrir toutes les machines à disposition : imprimantes 3D, découpeuses laser, brodeuses, etc.
2. Cadre d’utilisation
Dans quel cadre utilisez-vous le FabLab aujourd’hui ?
Pendant la première année, j’ai suivi une formation pour faire des impressions 3D. Avec mes camarades, on a commencé par des projets personnels pour tester les machines. Ça permettait aussi d'avoir accès au FabLab, qui est un espace de travail agréable et tranquille offrant une alternative aux salles de classe.
J’ai également utilisé le FabLab dans des projets académiques : en deuxième année, j’ai créé un circuit imprimé et un boîtier pour ma carte électronique. Ça m'a permis de découvrir cette technologie, de pouvoir l’utiliser chez moi sur mes propres machines et même de transmettre ces savoirs à mon entourage.
3. Formation et échanges
Aviez-vous déjà des compétences techniques avant d’essayer le FabLab ? Comment s’est passée la prise en main des machines et des outils mis à disposition ?
Avant mon BUT, je ne connaissais rien. Avec mes camarades, nous avons demandé au FabLab Manager de l’époque de nous former. Il suffisait de prendre rendez-vous avec lui et de suivre la formation d’une heure pour comprendre comment faire une impression 3D. Le reste s’apprend en essayant ou en posant des questions quand ça ne fonctionne pas et qu’on ne comprend pas pourquoi. Ça permet de s'améliorer ou de découvrir de nouvelles fonctions.
Êtes-vous principalement accompagné par les encadrants ou apprenez-vous aussi par l’expérimentation et les échanges avec d’autres étudiants ?
En deuxième année, je n’avais encore jamais utilisé ces machines alors que certaines personnes de ma promotion connaissaient déjà la graveuse Technodrill, qui fait les circuits imprimés. Ils étaient expérimentés et connaissaient les astuces. Ça m'a bien aidé, on s'est entraînés plusieurs fois.
Dans le FabLab, quel type de profils côtoyez-vous ?
Ce sont majoritairement des étudiants. On croise souvent les mêmes personnes. On finit par s’intéresser un peu à ce qu’ils font.
4. Déroulement
Comment se déroule concrètement votre travail au sein du FabLab ?
Pendant les projets académiques, nous sommes en binôme pour travailler ensemble sur les machines. Après avoir été formés, avoir essayé et avoir appris le fonctionnement, on n’a plus eu besoin de demander de l’aide en permanence, seulement en cas de problème. On est capable de faire nous-même et, plus on pratique, plus on gagne en autonomie. Même si on est formés, il faut pratiquer.
5. Compétences et collaboration
Quelles compétences avez-vous acquises ou développées grâce à cette expérience ?
Je pense, en premier lieu, à l'autonomie d'utilisation. Il y a aussi une acquisition de connaissances. On prend conscience des technologies qui existent, certaines qu’on ne connaît pas : découpeuse laser, impression résine, brodeuse numérique, etc. Ça permet de laisser libre cours à la créativité, avec moins de limites. On découvre des choses que l’on peut faire, alors qu'auparavant on n’y pensait même pas, ce n'était pas une option.
En plus, c’est gratuit pour les étudiants, quand ça reste raisonnable : pour un usage normal, pour l'école ou des projets personnels.
Apprendre à utiliser une machine et à la maîtriser, ça donne aussi confiance en soi. On peut aider les autres. On développe une compétence pédagogique. J’ai aidé des premières ou deuxièmes années qui faisaient le même projet que celui que j’ai dû faire. C’est toujours bien d’aider ses pairs.
6. Apprentissage expérientiel
En quoi le fait de « faire soi-même » change-t-il votre manière d’apprendre par rapport à des cours plus théoriques ?
Faire soi-même permet de créer des choses qui ne sont pas forcément accessibles, tout en réduisant les coûts. On peut créer des choses simples, qui, achetées ailleurs, coûteraient beaucoup plus cher.
Personnellement, j'aime bien les deux : la théorie et la pratique. Selon moi, le FabLab apporte la partie pratique, en représentant l’application des cours théoriques présents dans mon cursus. Concrètement, on a la chance de faire des circuits imprimés au lieu d’en parler théoriquement et de se les imaginer.
7. Perspectives
Pensez-vous que cette expérience au FAN pourra vous être utile dans votre futur professionnel ? Comment allez-vous la mettre en avant ?
C'est très important parce que ça me permet d'être opérationnel techniquement. Le fait de s'entraîner à créer des circuits imprimés, les produire, les souder, dessiner des boîtiers en 3D, les imprimer : c'est vraiment fondamental pour les métiers d’ingénierie. Être capable de mettre en forme des idées rapidement est une compétence très utile dans certains métiers que je vise.
Dans mon CV, je peux dire que j’ai déjà les compétences pour utiliser ces machines, que j’ai participé à des projets et que ça me permet d’aller plus loin dans mes idées et d’avoir plus de résultats. Quand on fait des projets au FabLab, on expérimente toute la chaîne, de l’idée à la réalisation.
Recommanderiez-vous à d’autres étudiants de participer à un projet dans ce type d’espace d’apprentissage ?
Bien sûr, je le recommande. Principalement pour qu’ils puissent y faire tout ce qu'ils veulent : un projet, une idée, une création, une réparation, que ce soit en rapport avec l'école ou même personnel. Ça ouvre des possibilités.
Étendre le réseau de FabLabs de l’Université de Strasbourg aiderait à démocratiser cet esprit de conception, de partage de connaissances et donnerait la possibilité à plus de personnes d’être autonomes en se découvrant des aptitudes nouvelles.
Par exemple, une fois par mois, il y a le Repair Café, dont le but est de réparer des objets électroménagers défectueux. Ça permet à n'importe qui de découvrir qu'il peut le faire, qu'il peut répondre à un besoin qu'il a. Et puis réparer évite de racheter neuf.
8. Pédagogie
Un dernier mot sur la dimension pédagogique du FabLab et ses possibles améliorations ?
LE FAN est très bien et se développera encore en 2027. J’aime beaucoup le site internet, qui s'améliore en continu avec des ajouts et des corrections. Il y a beaucoup d’astuces et de conseils sur l’utilisation des machines, c’est rassurant. Le Fab Manager se rend disponible en cas de besoin et met aussi à disposition des supports papier.
Un autre intérêt du FAN, c’est qu’en tant qu’étudiant, il suffit de faire une formation sur des machines pour avoir un accès libre et s’y rendre à toute heure de la journée.
Pour aller plus loin
Retrouvez davantage d’informations sur le site de l'IUT de Haguenau, ainsi que sur celui du BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle.
Axelle Papillon, Anaïs Jamet

