Incursion privilégiée dans le monde professionnel, le temps d’un semestre, les missions professionnelles de l’Idip sont un dispositif qui permet aux étudiants de réaliser un travail de groupe, à destination d’un commanditaire. Soumis à des impératifs semblables à ceux de la vie active (échéances, collaboration interne, échanges externes, production d’un livrable, etc.), ces étudiants découvrent les contraintes et, bien sûr aussi, l’émulation positive d’une gestion de projet individuelle et collective. Loin d’être seuls face à la tâche, ils peuvent compter sur l’accompagnement d’un tuteur, comme nous l’explique le duo tutrice-tutorée que forment respectivement Marion Thurot et Hélène Duchosal.
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2026

Marion Thurot est Coordinatrice du projet Include au sein du département Offre de formation de la Direction des études et de la scolarité (DES) de l’Université de Strasbourg.
Hélène Duchosal est étudiante en troisième année de licence de musicologie ‘Musiques actuelles’. Elle est également présidente de l’AMAdEUS : l’Association des Musiciens et Artistes des étudiants de l'Université de Strasbourg.
Elles ont toutes deux participé à trois missions professionnelles : en tant que tutrice pour la première et tutorée pour la seconde. Au premier semestre 2025-2026, Marion a été la tutrice du groupe d’Hélène, dont la mission était de créer un podcast pour le Lansad, le pôle de Langues pour spécialistes d’autres disciplines.
1. Dispositif de l’Idip
Comment avez-vous eu connaissance des missions professionnelles de l’Idip et qu'est-ce qui vous a respectivement séduites dans ce dispositif ?
M.T. : J’ai connu les missions professionnelles grâce au projet Include et je m'y suis intéressée. C'est un projet que j'ai tout de suite trouvé innovant en termes de format et d'expérience professionnelle acquise.
Mon rôle de tutrice est venu progressivement. Les anciennes responsables – Marion Huber et Stéphanie Nolot – m’avaient proposé d’assister à une soutenance en tant qu’observatrice extérieure, puis elles m’ont proposé d’être tutrice.
H.D. : De mon côté, c'était à la pré-rentrée. Les professeurs expliquaient le fonctionnement du cursus et nous parlaient d'une option à choisir. Des intervenants ont présenté les différentes possibilités, parmi eux, deux personnes de l'Idip ont parlé des missions professionnelles.
Pour moi, ça a accroché dès le début : créer, faire partie d'un projet concret, rendre un livrable, acquérir de l'expérience, c'est toujours plus pertinent. Les missions professionnelles, dans le format, c’est la meilleure rencontre entre le concret, avec l'apport d'expérience, et le développement des compétences et la découverte de personnes.
2. Choix du projet
Avez-vous chacune été en mesure de choisir le projet auquel vous avez été rattachée ? Quel est-il et pourquoi l'avoir sélectionné plutôt qu'un autre ?
M. T. : Je fais le tutorat missions professionnelles peu importe le sujet. Ce qui m'intéresse, c'est la rencontre avec les étudiants, le lien qu'on développe et l’accompagnement. Pour ce projet, le côté podcast m’a plu parce que c'est un médium que je connais peu. Dans le cahier des charges, le groupe avait la possibilité de proposer ce qu’il voulait, tant que le podcast respectait la bonne thématique. Ce qui était aussi intéressant pour moi, c’est le commanditaire Unistra. Il y avait un aspect rassurant à se dire que ce sont des collègues que je peux solliciter, si besoin.
H. D. : J’ai choisi le podcast du Lansad en premier vœu. Le semestre précédent, avec les missions professionnelles, j’ai participé à la création d’un reportage sur un projet de collégiens à Toulouse. Tout s'était passé en distanciel, ce qui représentait beaucoup d’échanges, à la fois longs et compliqués.
Au-delà du Lansad comme commanditaire et de ma grande appétence pour les langues, le podcast m’intéressait. C’est un format qui, bien que répandu, n'est pas un des premiers auxquels on pense en termes de contenu audiovisuel. Et là, le challenge était : comment peut-on rendre ça attractif et proposable à des étudiants à l'Université de Strasbourg ?
3. Accompagnement
M. T. : Le cadre des missions professionnelles est privilégié. Ce rôle de tuteur, à mi-chemin, n’existe pas véritablement dans d’autres types de situations professionnelles. J'aime bien dire que, si on le transpose dans le contexte de l'entreprise, c'est l’équivalent d’un collègue plus expérimenté. Ce n’est ni votre chef, ni votre commanditaire. Ce n’est pas, non plus, le garant du cadre ou des règles. Le tuteur a un rôle intermédiaire entre le mentor, le soutien et la personne ressource.
En tant que tutrice, l'idée est de s'adapter à chaque groupe. Chacun est unique et a sa propre dynamique. Je m'appuie beaucoup sur ce que disent les étudiants, sur leurs questions. S'il y a un besoin particulier qui émerge, je peux proposer un temps pour y répondre. J'aime essayer d'apporter un cadre bienveillant et structuré. Je vise ainsi l'équilibre entre la bienveillance, l'accompagnement et la structure, en m’assurant que les choses se déroulent bien et dans les temps. Cela étant, c'est aussi avec le groupe qu’on voit, ensemble, comment le suivi s'articule. Il y a des groupes très autonomes et d’autres qui ont besoin de plus de soutien.
Il ne s'agit pas de faire à leur place, mais d'accompagner et de clarifier. (Marion Thurot)
Dans nos interactions, je veille à laisser de la place aux étudiants pour communiquer, de sorte à créer un cadre de confiance dans lequel ils peuvent échanger avec moi en toute liberté. Bien sûr, le cadre reste professionnel et respectueux.
Il m’arrive, par ailleurs, de proposer des exercices pratiques. Dans les missions professionnelles, certains aspects sont complexes à appréhender, car nouveaux. On leur demande des rendus qu'ils n'ont peut-être jamais réalisés. J’organise des temps où le groupe travaille sur l'un des exercices en ma présence. Ils travaillent ensemble et je suis en appui pour animer, proposer, relancer, poser les bonnes questions et favoriser leurs réflexions. Il ne s'agit pas de faire à leur place, mais d'accompagner et de clarifier.
J’adopte une approche réflexive avec les étudiants. Par exemple, au début, j’essaie de comprendre à quoi ils s'attendent pour rétablir la réalité. Au fil de mes tutorats en missions professionnelles, je me rends compte qu’il est fondamental de commencer par une déconstruction des représentations qu’ont les étudiants par rapport à ce format.
H. D. : Dès le départ, nous commençons par un rendez-vous avec le commanditaire et la tutrice pour comprendre le projet et son déroulement. Tout au long du semestre, nous voyions nos rendez-vous avec la tutrice comme des checkpoints. À chaque rendez-vous, nous remettions tout à plat pour nous libérer l'esprit. Nous apportions ce que nous avions fait pour voir où aller ensuite. Cette façon de procéder est vraiment bénéfique, d’autant qu’entre étudiants, nous n’arrivons pas forcément à être disponibles pour avancer entre nous. Là, nous parvenions enfin à nous réunir et Marion était là pour nous aider, nous guider, nous conseiller. Ce sont des moments qu'on a beaucoup appréciés, car on en ressort plus au clair sur les étapes à suivre et les moyens d’y parvenir. L’ambiance était toujours rassurante, avec cet espace de confiance.

M. T. : Le tuteur a la fonction de rassurer, de valoriser. En particulier en licence, avec de gros effectifs, beaucoup de cours et d’examens, les étudiants sont souvent dans le moment présent, parce qu'il faut que ça avance. Ça laisse peu d’opportunités de leur dire : « c'est bien ce que vous faites, continuez comme ça ». Pour moi, il y a un vrai enjeu là-dessus : leur faire comprendre qu'ils ont énormément de compétences et de qualités. Les missions professionnelles contribuent aussi à renforcer la confiance des étudiants, notamment à travers des retours positifs et encourageants.
La fréquence des rendez-vous variait selon les périodes des missions professionnelles. En moyenne, ils avaient lieu toutes les deux à trois semaines, afin d’assurer un suivi régulier, adapté aux obligations de chacun et aux contraintes du calendrier. Je privilégie le présentiel, ne serait-ce que pour favoriser les moments de rencontre entre les membres du groupe.
H. D. : On s'est saisi de ces moments-là pour rester à travailler entre nous.
Est-ce qu'il y a eu des temps forts pendant cette période ?
H. D. : Oui, il y en a deux, correspondant aux deux points de rendu des missions professionnelles pendant le semestre. On doit d’abord rendre la note de cadrage, avec un contrat d’équipe. Celle-ci demande beaucoup de travail personnel dans la mesure où il s’agit d’un dossier détaillant les besoins du projet, les avenants et tout ce qu'il faudra prendre en compte jusqu’au livrable. Nous devons créer un benchmark et un rétroplanning, il faut donc prévoir le projet dans son ensemble, ainsi que son organisation. Le rétroplanning et le benchmark sont deux points clés dont on a pu parler avec notre tutrice.
Une des richesses des missions professionnelles est qu’on évalue la gestion de projet. (Marion Thurot)
M. T. : La note de cadrage, c'est la première épreuve, puisque c’est le premier livrable noté. C’est aussi l'occasion pour le groupe de se structurer et de répartir les tâches. Le rétroplanning est précieux pour voir le déroulé du semestre de bout en bout, parce que ça passe très vite.
Une des richesses des missions professionnelles est qu’on évalue la gestion de projet, on n'évalue pas le livrable rendu au commanditaire. De fait, toutes les évaluations servent à ce que le groupe se pose les bonnes questions au bon moment.
H. D. : Le deuxième temps fort, c’est la soutenance et, donc, sa préparation. Le but de cet oral est de présenter le déroulement du projet, son organisation, le livrable, ce qu'on a pu faire, comment on a pu rebondir sur les difficultés, les solutions mises en place et les obstacles à surmonter.
Lors de la phase préparatoire, la soutenance blanche avec Marion a été particulièrement utile. Cet entraînement avec elle apporte énormément, en termes de confiance en soi et d’ajustements grâce à ses remarques ou corrections... Nous étions en période de partiels, pris entre les révisions et les examens, mais c’était précieux.
M. T. : C’est précisément dans ces périodes intenses que l'accompagnement prend tout son sens. Il faut veiller à ce que le groupe aille jusqu'au bout, alors qu’il ne dispose plus de beaucoup de temps.
J'avais vraiment à cœur de faire la soutenance blanche. On avait beaucoup travaillé les critères d'évaluation. La soutenance a été l'occasion de se mettre à l'épreuve une première fois selon ces critères. Le but était de les mettre dans les vraies conditions du jour J, pour que ce soit efficace, avec le chrono et les questions. On a ensuite pris un temps de débriefing, en parlant de leur ressenti. J'ai eu l'impression que le stress était plus fort à la soutenance blanche qu'à la véritable soutenance, ce qui montre que ça fonctionne.
Il était extrêmement important, pour moi, d'assister à la soutenance finale. J’estime que ça fait partie de mon rôle de tutrice et qu’il est bon pour les étudiants d’avoir des sourires d'encouragement.
4. Apport professionnel
Marion, en quoi cette expérience de tutorat d'un groupe de missions professionnelles s'inscrit-elle dans votre activité professionnelle ? Et quelle plus-value pensez-vous avoir apporté par vos compétences ?
M. T. : Les missions professionnelles sont liées à mon projet, mais je vais plus loin en ayant un rôle actif. Dans mon métier, même si ce que je fais est intéressant et au bénéfice des étudiants, je n'ai pas, dans mes missions habituelles, de lien direct avec eux. Dans l’administration, parfois, ce lien manque. La plus-value pour moi, c’est le développement d'une réflexion pédagogique. Se demander quelle approche, quelles méthodes ou quel ton utiliser pour aider les étudiants.
Concernant les compétences apportées, je suis manager de projets. Donc, en gestion de projet, je m'y connais. J’ai aussi un regard global sur l’Université de Strasbourg, nourri par mon expérience d’ancienne étudiante et par ma position actuelle.
5. Aventure collective
Au-delà de l'expérience individuellement vécue, il s'agit aussi d'une aventure collective. Marion, en tant que tutrice, est-il difficile de tenir une posture extérieure au groupe et qu'est-ce que cette expérience vous a apportée ?
M. T. : L’aspect extérieur au groupe, n'est pas difficile. Je ne suis plus étudiante et travaille à l'Université depuis un certain temps. La limite est finalement facile à poser, puisque ce n'est pas mon projet mais le leur. La difficulté, est davantage de leur laisser l'autonomie et la main sur leurs choix. La nuance est fine entre conseiller et trop orienter, trop cadrer ou trop limiter. On a envie que notre groupe réussisse. Il y a un attachement, presque, au groupe et au projet. Donc l’enjeu est plutôt de ne pas trop prendre les choses à cœur.
Par ailleurs, le fait de nous être vouvoyés tout au long de la collaboration me semblait important. Il n'y a pas autant de distance qu'avec un enseignant, c’est une posture intermédiaire. Tant que le cadre est clair, tout va bien. On a un très bon accompagnement par l’Idip, notamment en cas de question sur la posture.
C'est très enrichissant de travailler avec des étudiants. Ils apportent à chaque fois une richesse de réflexion et des façons de voir les choses particulièrement intéressantes. Cela nous permet d’avoir un autre regard, et je trouve cela stimulant. Il y a, je pense, un véritable apprentissage réciproque.
Hélène, avez-vous pour votre part ressenti une bonne dynamique de groupe pour mener à bien le projet ?
H. D. : La première fois qu'on était au complet, nous nous sommes tout de suite bien entendu. Mon groupe se composait de six filles de profils différents et issues d’horizons variés. Nous n’avions rien à voir les unes avec les autres et avions toutes nos idées, envies, ambitions et compétences à apporter.
La seule vraie difficulté en termes de communication, c'était autour des examens. Et peut-être sur un point du projet : la recherche de participants pour le podcast. Dans l’ensemble, la dynamique était bonne, autrement l’une de nous envoyait un message de relance au reste du groupe. Le moment de cohésion que j'ai préféré, c'était cette première rencontre ensemble. Nous étions déçues que le bâtiment ferme tant nous discutions et apprenions à nous connaître.
La part de l'expérience collective là-dedans est intéressante. Dans les missions professionnelles, on ne sait pas avec qui on va devoir collaborer. Pendant la scolarité, on fait habituellement des travaux de groupes avec nos amis. Là, découvrir en même temps la personne avec ses idées, sa façon d'être, d'agir, de penser, c’est particulièrement enrichissant. C’est surtout le cas pour un produit créatif où on peut se permettre des libertés qu'on n'aurait pas pu avoir avec les gens proches de nous.
6. Bénéfices pédagogiques
Quels sont, selon vous deux, les apports du tutorat des missions professionnelles sur le plan pédagogique et plus largement quels bénéfices retirez-vous respectivement de l'expérience ?
M. T. : Je trouve une vraie richesse dans le rôle de tutrice, notamment parce qu'il n'existe pas dans la vie réelle. Les missions professionnelles nous placent dans le cadre de l'apprentissage, de la gestion de projet dans un contexte professionnalisant. Le tuteur est un apport en soi. Au-delà de l'accompagnement humain, il y a tout l'aspect de rappel du cadre global et des consignes. Et, en même temps, le tuteur est quelqu'un à qui on peut se confier. C'est presque une position de médiation entre le dispositif et les étudiants.
Sur le plan pédagogique, côté étudiant, ce que je trouve intéressant c'est l’originalité de ce format. (Hélène Duchosal)
H. D. : Sur le plan pédagogique, côté étudiant, ce que je trouve intéressant c'est l’originalité de ce format. La réalisation du projet ne s'appuie pas sur nos cours habituels, où le contenu est ce qui importe : apprendre des informations dans un format précis ou faire des exercices selon telle méthodologie. Là, la mise en place du projet se fait par son organisation, sa planification, le rétroplanning et le benchmark. L'approche par rapport à ce qui doit être rendu est complètement différente.
M. T. : On n'est pas sur des compétences disciplinaires, mais bien sur du transversal. Le principe des missions professionnelles et la méthodologie de gestion de projet sont ce qui fait l’intérêt de ce dispositif.
H. D. : Par ailleurs, les problématiques issues des projets de missions professionnelles seront toujours applicables ailleurs : la coordination, la mise en place d'ordre du jour, la prise en compte des difficultés et des attentes, l’adaptation aux besoins des autres, etc. Sur le plan pédagogique, gagner des compétences en gestion de projet sera toujours bénéfique.
M. T. : C'est une mise en situation de la vie professionnelle. Les étudiants apprennent ce que c’est que d’avoir une commande hiérarchique, un rendu avec une deadline, des attendus ou de devoir se coordonner dans une équipe. Quand on arrive dans le monde professionnel, avec des projets d'équipe, on a alors les bons réflexes, les bonnes attitudes, la bonne posture.
H. D. : Un bénéfice certain était la gestion de projet. Ce que j’en retire, par ailleurs, est l'adaptabilité et la prise d'initiative. En effet, il fallait nous adapter aux besoins du commanditaire pour structurer et réaliser le projet. Et, pour la prise d’initiative, il fallait apporter ses idées et les confronter à celles des autres.
M. T. : À travers les missions professionnelles, l’accent est mis sur la réflexivité. Il faut pouvoir expliquer, argumenter. On entraîne son esprit critique et on étoffe ses compétences transversales.
Que pensez-vous que ce type de dispositif puisse apporter à de futurs étudiants et tuteurs ?
H. D. : Ça apporte énormément de satisfaction personnelle, de prise de confiance en soi, parce qu'on peut arriver à la fin, à la soutenance, et se dire : « J'ai fait ça, j'ai créé quelque chose ».
M. T. : C'est un vrai levier de valorisation des étudiants. C’est une expérience concrète, qui peut être valorisée dans un portfolio, un CV ou sur LinkedIn. Ça représente aussi une première entrée dans le monde professionnel, en lien avec des personnes déjà en activité. Enfin, c’est aussi une ouverture permettant de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir des sujets inspirants.
H. D. : Beaucoup de projets touchent à l'audiovisuel dans les missions professionnelles, c'est dans l'ère du temps. Plus on va avancer, plus les futurs étudiants auront besoin d'avoir ce type d’expérience, qu’on ne vit pas forcément en temps normal.
M. T. : Il y a une vraie utilité sociale : les commanditaires ont de véritables besoins, auxquels répondent les missions professionnelles. C’est aussi valorisant de se dire qu’on contribue à un projet concret et utile.
7. Nouvelles missions professionnelles
Seriez-vous tentées de réitérer l'expérience ? Peut-être dans un autre rôle ?
M. T. : Nous en sommes toutes les deux convaincues. À titre professionnel je n’ai pas de besoin comme commanditaire. Dans le rôle de tutrice, je le ferai encore avec plaisir, avec d’autres groupes et sujets. Même si le cadre et le rôle restent les mêmes, on ne s'ennuie pas : à chaque fois c'est différent.
H. D. : Devenir tutrice demande de grandir et d'être établie professionnellement. C'est délicat de s'imaginer dans ce rôle d’accompagnement d’étudiants, alors que je suis moi-même encore étudiante. D’une certaine manière, mon rôle de tutorée évolue avec l’expérience, au fil des semestres et des projets.
M. T. : On constate effectivement une montée en compétences des étudiants et il en va de même me concernant. Je pense que je savais mieux assurer mon rôle d’encadrante ce semestre que le précédent. Chaque fois, je vois ce qui a fonctionné ou non et je refais ou j'adapte pour le groupe suivant. Pour continuer à m’améliorer, je demande d’ailleurs leurs retours aux étudiants.
Ce semestre, le responsable actuel des missions professionnelles, Benjamin Bichara, m’a même proposée de devenir membre du jury évaluateur, pour d'autres groupes que le mien. De quoi voir mon rôle évoluer d’une façon nouvelle.
Pour aller plus loin
Include soutient les missions professionnelles, ainsi que de nombreux dispositifs pédagogiques menés à l’Université de Strasbourg, dont notre revue en ligne Safran. Retrouvez les axes et actualités de ce projet d’envergure sur le site dédié.
Davantage d’informations sur les missions professionnelles sur la page MoodleAir, ainsi que sur celle de l’Idip – Institut de Développement et d’Innovation Pédagogiques.
Benjamin Bichara, Responsable des missions professionnelles peut être contacté à l’adresse idip-missionspro[at]unistra.fr Retrouvez son interview pour le magazine Savoir(s) – Formation, recherche, professionnalisation (50e numéro, page 26).
Axelle Papillon